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Publié par L'équipe dans Actualités le 30/10/2024 à 12:32
Le groupe est prêt à réduire la production de véhicules thermiques dès l’année prochaine pour respecter les objectifs d'émissions européens fixés pour 2025, au lieu de devoir payer des amendes, a affirmé le directeur européen du groupe.
Les réductions de production pourraient commencer dès le 1er novembre, selon Jean-Philippe Imparato, récemment nommé directeur général pour l'Europe, l'Eurasie et la Turquie du constructeur automobile. Si le nombre de voitures électriques vendues ne suffit pas, Stellantis vendra moins de voitures thermiques pour atteindre le pourcentage de ventes de véhicules électriques requis et ainsi éviter les amendes européennes.
La situation est complexe pour les constructeurs automobiles en Europe. La réglementation européenne sur le CO₂, connue sous le nom de norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy), s'appliquera à partir de 2025.
Cette norme CAFE impose aux constructeurs de limiter les émissions moyennes des véhicules vendus à 93,6 g/km de CO₂. En tenant compte du poids moyen des véhicules, cette moyenne pourrait atteindre 95 g/km de CO₂.
Les constructeurs avec une part importante de voitures hybrides rechargeables (ayant plus de 40 km d'autonomie en mode électrique) et de véhicules électriques devraient atteindre ces objectifs d’émissions sans difficulté. Pour les autres, une amende de 95 euros par gramme de CO₂ au-delà du seuil par véhicule vendu est prévue. Selon Luca de Meo, président de l'ACEA (l'Association des constructeurs européens d'automobiles), les amendes potentielles pourraient atteindre 15 milliards d'euros pour certains groupes, menaçant lourdement leur rentabilité.
Pour atteindre les objectifs d'émissions ou s'en rapprocher (jusqu'à une tolérance de 5 g/km), les constructeurs estiment qu'il leur faudrait vendre une voiture électrique ou hybride rechargeable pour quatre voitures thermiques.
Alors que Renault et le groupe Volkswagen plaident pour un report ou un assouplissement de cette réglementation, Stellantis adopte une autre approche, comme l'a expliqué Jean-Philippe Imparato, ancien PDG d'Alfa Romeo et Peugeot. Le groupe n'a pas demandé de dérogations ou de reports ; il préfère ajuster la production directement dans ses usines, même si cela implique de cesser la vente de certains modèles à essence ou hybrides.
Pour Carlos Tavares, directeur général de Stellantis jusqu’en 2026, demander des assouplissements sur les normes CAFE reviendrait à s’éloigner de la transition vers l’électrique, dans laquelle les constructeurs chinois sont déjà bien avancés. Jean-Philippe Imparato a précisé que pour atteindre 24 % de ventes de voitures électriques d’ici 2025, la part des ventes de ces modèles devrait doubler dès l’année prochaine.
Pour parvenir à cette proportion, les solutions sont limitées : augmenter les ventes de véhicules électriques ou réduire celles de modèles à essence. Stellantis a opté pour la seconde option, admettant ainsi qu’il n’y a peut-être pas suffisamment de demande pour les modèles électriques de son offre actuelle.
Selon Automotive News, Jean-Philippe Imparato a déclaré : « Puisque nous produisons uniquement en fonction des commandes clients, nous n’assemblerons que le nombre de véhicules thermiques nécessaire pour maintenir la part des véhicules électriques aux niveaux requis. »
Il a également mentionné la possibilité d’augmenter les prix des modèles thermiques en fonction du modèle, de la marque et du marché si la demande pour ces véhicules dépasse les prévisions, dans le but de respecter les objectifs d'émissions de CO₂. L’objectif est de réduire la demande pour les modèles à essence, tout en rendant les versions électriques plus abordables ou attractives en comparaison.
Les réductions de production de voitures thermiques en vue de respecter les objectifs d'émissions pourraient compliquer la situation de Stellantis en Europe, du moins à court terme. Le groupe a indiqué cette semaine que ses livraisons européennes ont chuté de 17 % au troisième trimestre en raison de retards dans la production de certains modèles phares comme la Citroën ëC3.
De plus, Stellantis a suspendu jusqu'au 1er novembre la production de son usine de Mirafiori (Turin), où sont assemblées la Fiat 500e électrique et deux modèles Maserati, en raison d'une faible demande. Le 16 octobre, le groupe a annoncé la suspension temporaire des activités dans plusieurs usines de moteurs et dans celle produisant la Fiat Panda en Italie pour plusieurs jours le mois prochain. Par ailleurs, Stellantis est confrontée à des stocks excédentaires en Amérique du Nord, où ses livraisons ont diminué de 36 %.
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