-20% sur l'ensemble du catalogue aujourd'hui
Frais de livraison offert à partir de 18€ d'achat !
Publié par L'équipe dans Actualités le 10/09/2024 à 08:32
S'adressant à France Inter samedi dernier, Luca de Meo, président de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) et PDG du groupe Renault, a mis en garde contre les conséquences de ne pas pouvoir atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO₂ fixés d'ici 2025 par la Commission européenne. Le ralentissement des ventes de voitures électriques pourrait conduire les constructeurs européens à payer de lourdes amendes ou à arrêter la production de millions de voitures.
« Nous préparons déjà 2025 car nous recevons des commandes pour les voitures que nous allons livrer. Selon nos calculs, si le niveau des ventes de véhicules électriques ne change pas, l'industrie automobile européenne pourrait être contrainte de payer jusqu'à 15 milliards d'euros d'amendes ou d'abandonner la production de plus de 2,5 millions de voitures. »
Le chemin vers l’interdiction de la vente de voitures à essence et diesel en 2035 est jalonné d’étapes au cours desquelles les émissions moyennes de tout ce qu’un constructeur vend seront de plus en plus faibles.
Ainsi, en 2025, les constructeurs ne pourront pas dépasser en moyenne 93,6 g/km de CO₂. Et si un constructeur réalise 25 % de ses ventes avec des voitures « véhicules à émissions nulles et faibles (ZLEV) », c'est-à-dire dont les émissions de CO₂ sont inférieures à 50 g/km, il peut avoir une moyenne d'émissions supérieure au seuil de 93,6 g/km.
S'ils vendent entre 26 et 30 % de ZLEV, leur moyenne de 93,6 g/km sera augmentée dans les mêmes proportions jusqu'à un maximum de 5 %, portant la moyenne à un maximum de 98 g/km. Autrement dit, plus un constructeur vend de ZLEV, plus il peut vendre de voitures à essence puissantes ou économes en carburant. Ce qui intéresse particulièrement le groupe Volkswagen, avec sa pléthore de modèles dotés de moteurs puissants, comme Audi ou Porsche.
Il est important de rappeler que la baisse actuelle des ventes de voitures électriques a conduit les constructeurs à accroître la commercialisation des véhicules thermiques. Cela entraîne une augmentation des émissions moyennes de CO₂ par voiture. Même si les voitures hybrides offrent une légère réduction des émissions de CO₂, elles ne peuvent compenser la baisse des ventes de véhicules électriques.
Selon ces normes, « un véhicule électrique peut compenser quatre voitures thermiques », a résumé le directeur général de Renault. Le problème est qu'en juillet 2024, les voitures électriques ne représentaient que 12,1 % du marché européen, avec une baisse des ventes sur un an de 10,8 %. À ce rythme, les émissions du reste de la gamme d'un constructeur ne seront pas compensées. « Il faut se donner un peu de flexibilité », a-t-il plaidé. « Se limiter à fixer des délais et des amendes sans pouvoir assouplir les choses est très dangereux », a-t-il ajouté.
Pour expliquer le manque de vigueur du marché, Luca de Meo a cité les causes que nous connaissons tous déjà : les prix élevés et la lenteur de l'installation des bornes de recharge, ainsi que « l'incertitude » sur les aides à l'achat. Celles-ci ont par exemple été supprimées en décembre dernier en Allemagne, ce qui a provoqué une chute drastique des ventes au point de devoir les réactiver ce mois-ci. Mais il faut aussi qu'elles soient directes, comme en France ou en Italie, où 13 000 voitures ont été vendues aux nouvelles heures.
Concernant ces aides, « nous avons besoin de stabilité, de visibilité » et « d'une certaine cohérence », a affirmé le patron de Renault. En France, le budget 2025 pourrait voir certaines subventions réduites, voire supprimées, tandis qu'en Espagne, obtenir ces aides est une véritable odyssée et il faut ensuite en restituer une partie au Trésor.
Les estimations du président de l'ACEA suggèrent que le montant total de l'amende d'ici 2025, compte tenu des conditions actuelles du marché et de la production automobile, pourrait atteindre 15 milliards d'euros. Tous les constructeurs automobiles ne pourront pas faire face à leurs amendes respectives.
L’autre solution pourrait être de réduire la production automobile de 2,5 millions d’unités. Cela augmenterait le prix des voitures neuves et d'occasion, contribuant ainsi au vieillissement du parc automobile européen, notamment dans les pays du Sud.
Quoi qu'il en soit, si ces amendes d'un milliard d'euros se produisent, il semble évident qu'en 2026, année au cours de laquelle la décision d'interdire la vente de voitures à essence et diesel sera réexaminée, il sera convenu de retarder cette interdiction de quelques années. S’il n’est pas annulé, comme le demandent certains groupes politiques du Parlement européen.
Poster un commentaire
Inscription à la newsletter
Les avis sur la boutique
Avis de la boutique
4.92/5