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Publié par L'équipe dans Actualités le 09/09/2024 à 16:32
Avec plus de 3 000 emplois menacés, l'incertitude quant à l'avenir de l'usine Audi à Bruxelles a conduit les travailleurs à prendre des mesures drastiques : ils ont saisi les clés de quelque 200 véhicules pour exiger des réponses de la part de Volkswagen, la maison mère. Les employés ont prévenu qu'aucune voiture ne quitterait l'usine d'ici là.
La direction de l'usine Audi de Bruxelles a déclaré qu'elle ne céderait pas au chantage et a répondu aux travailleurs qui ont saisi les clés : "Restituez-les avant cet après-midi si vous ne voulez pas en subir les conséquences."
Mercredi dernier, la production chez Audi Bruxelles devait reprendre partiellement après les vacances d'été, mais cela n'a pas été le cas. Le conflit a éclaté après l'annonce récente selon laquelle Volkswagen n'attribuerait pas de nouveau modèle de la marque à l'usine belge, mettant en péril l'emploi de milliers de travailleurs.
En l'absence d'informations concluantes, les salariés ont décidé de prendre le contrôle des clés de 200 à 300 véhicules fabriqués et inachevés, en les stockant dans un endroit sécurisé pour éviter que la direction ne les retire du site. Les syndicats affirment que cette action « est un moyen de faire pression sur l’entreprise pour qu’elle fournisse des éclaircissements sur l’avenir de l’usine. »
Jan Baetens, représentant du syndicat ACV-Metea, a exprimé ses regrets face à la réaction de la direction de l'entreprise, qui a qualifié cette mesure de "chantage" et a menacé d'engager des poursuites judiciaires si les clés ne sont pas restituées avant midi aujourd'hui. Baetens a commenté : "Nous prenons les clés pour maintenir un dialogue social apaisé. Si la direction veut retirer les voitures maintenant, nous ne pouvons garantir ni la sécurité ni la paix."
De son côté, selon une lettre envoyée aux syndicats, l'entreprise affirme pouvoir identifier les coupables grâce aux images des caméras de l'usine et menace de porter plainte contre eux.
L'usine Audi de Forest à Bruxelles est à l'arrêt depuis juillet, lorsque l'entreprise a annoncé une restructuration en raison d'une baisse de la demande pour les modèles électriques Q8 e-tron qui y sont produits. À cela s’ajoutent les défis structurels de l’usine, aggravant la crise. Même si une reprise partielle de la production était attendue après les vacances d'été, les travailleurs ont décidé de ne pas retourner au travail tant qu'ils n'auront pas reçu plus d'informations sur l'avenir de leur emploi.
Si Volkswagen n’attribue pas un nouveau modèle à l’usine de Bruxelles et qu’un acheteur n’est pas trouvé pour l’usine, la fermeture pourrait être inévitable. Ce scénario mettrait en péril plus de 3 000 emplois, avec une première vague de 1 500 licenciements dès octobre, suivie de 1 100 licenciements supplémentaires l'année prochaine. Des licenciements définitifs pourraient intervenir d'ici fin 2025.
Le porte-parole d'Audi Bruxelles, Peter D'hoore, a déclaré que l'entreprise enquêtait sur la situation et a demandé aux travailleurs d'agir avec bon sens, reconnaissant l'inquiétude qui règne parmi le personnel. "Nous enquêtons actuellement sur ce qui s'est exactement passé," a-t-il déclaré. "Nous comprenons que les gens soient inquiets et réagissent avec émotion, mais nous demandons à tout le personnel d’agir avec bon sens."
De leur côté, les syndicats ont organisé une journée de protestation pour le 16 septembre prochain, alors que les négociations se poursuivent sans avancées significatives.
Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen, a récemment qualifié la situation de "préoccupante", citant la concurrence croissante des constructeurs asiatiques et la baisse des ventes de voitures en Europe comme des facteurs clés qui ont plongé l'industrie automobile européenne dans une situation critique.
Alors que l’avenir de l’usine Audi de Bruxelles est en jeu, les travailleurs continuent de faire grève, exigeant des réponses claires et des mesures concrètes pour éviter la fermeture. La situation reste tendue, avec des milliers d’emplois en jeu et une résolution qui semble encore lointaine. L'issue de ce conflit pourrait avoir un impact significatif non seulement sur le groupe VAG, mais aussi sur l'ensemble de l'industrie automobile européenne.
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