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Publié par L'équipe dans Actualités le 21/09/2024 à 08:32
De la proposition à la demande formelle : l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) demande à la Commission européenne de retarder à partir de 2025 la nouvelle limite moyenne d'émissions que les marques automobiles doivent respecter en Europe.
Cela pourrait repousser le calendrier prévu de réduction des émissions, y compris l’interdiction totale des nouvelles voitures à essence à partir de 2035.
À partir de 2025, les émissions moyennes des voitures vendues par les marques en Europe ne devront pas dépasser 93,6 g/km de CO₂, et celles des camionnettes 153,9 g/km. Cependant, l'ACEA estime que ces limites ne sont pas adaptées à la réalité de l'industrie ni à celle des consommateurs.
Ainsi, l'ACEA demande à l'UE de "présenter des mesures d’allègement urgentes avant que les nouveaux objectifs de CO₂ pour les voitures et les camionnettes n'entrent en vigueur en 2025", afin de retarder leur application. Bien qu'ils n'indiquent pas de durée précise, ils ont dans leur proposition demandé un délai de deux ans, c'est-à-dire jusqu'en 2027.
Les nouvelles limites ne correspondent pas à la réalité
Les constructeurs avancent plusieurs arguments. Tout d’abord, les ventes de véhicules électriques stagnent, voire reculent : en août, la part des véhicules entièrement électriques était de 14,4 %, contre 21 % l'année précédente. Jusqu’à présent en 2024, ils représentent 12,6 % des ventes, contre 13,9 % en 2023.
Ce décollage lent, selon eux, s'explique par une infrastructure de recharge encore insuffisante et des politiques d'incitation peu attractives, qui ne poussent pas vraiment les acheteurs vers les voitures électriques ou les hybrides rechargeables. Ce problème ne se résoudra pas en quatre mois.
À cela s’ajoute la concurrence des voitures électriques chinoises, proposées à des prix inférieurs. Même si, pour le moment, en Europe, cette menace contre les entreprises traditionnelles n’est pas encore aussi forte qu’on le prétend.
Quoi qu’il en soit, les constructeurs ne parviennent pas à s’adapter à ces nouvelles limites d’émissions et risquent de se voir infliger des amendes de plusieurs millions d'euros. Ils soulignent que cela les obligera à réduire les investissements dans la transition électrique, ainsi qu’à diminuer la production ou à procéder à des suppressions d’emplois.
Un exemple de cette situation est celle de Volkswagen : la faible demande pour ses véhicules électriques et une stratégie défaillante en matière de zéro émission les pousse à envisager de fermer des usines en Europe, ce qui semblait impensable il y a quelques années. Des milliers d’emplois sont en danger, étant donné la réduction des prestations sociales et la nécessité de réduire les coûts. Avec Ford, Volkswagen est l’entreprise qui a le plus de mal à s'adapter aux nouvelles limites d’émissions, selon le dernier rapport de Transport & Environment (T&E).
L'ACEA représente des entreprises comme le groupe Volkswagen, Volvo, Toyota, Renault, Honda, Hyundai, Kia, BMW et Ford. Ce n’est pas le cas de Stellantis, qui a quitté l’association et a pris ses distances avec cette proposition, la qualifiant de "surréaliste". Selon Carlos Tavares, PDG de Stellantis, ses marques ont fait le nécessaire alors que d'autres ne l'ont pas fait. Par exemple, Fiat a dû suspendre la production de la Fiat 500 électrique en raison de la faible demande.
Adieu à l’interdiction totale de l’essence en 2035 ?
Si l’Europe accepte de retarder la limite moyenne des émissions, cela entraînera un changement dans le reste du calendrier, dont l’objectif est de réduire les émissions à 0 g/km de CO₂ d’ici 2035. Cette date marque l'interdiction des ventes de voitures neuves fonctionnant à l’essence et au diesel en Europe. La mesure a été approuvée l’année dernière, tout en laissant la porte ouverte aux véhicules thermiques fonctionnant avec des e-carburants.
La réglementation doit être révisée en 2026, ce qui signifie que ce qui a déjà été approuvé pourrait changer, et que l'interdiction totale pourrait ne pas être appliquée. Quoi qu'il en soit, l'ACEA se déclare ouverte au dialogue avec la Commission européenne.
Ce ne sont pas seulement les marques qui jugent prématurée l'interdiction des moteurs thermiques en 2035, mais aussi les pays où l'industrie automobile est essentielle. Par exemple, l'Italie s'oppose ouvertement à cette mesure et a déjà demandé "d'ajuster l'interdiction". La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a une nouvelle fois exprimé sa position, qualifiant cette interdiction de "destructrice pour l'industrie" : "Accompagner le secteur industriel dans le défi de la transition écologique ne doit pas signifier le démantèlement de secteurs entiers."
Nous verrons comment la Commission européenne réagira à la demande des marques. L'Italie, la Bulgarie et la Roumanie se sont abstenues lors du vote final sur l’interdiction de 2035, et seule la Pologne a voté contre. L’Allemagne, initialement réticente, a fini par voter en faveur de l’inclusion des carburants électroniques.
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