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Publié par L'équipe dans Actualités le 18/09/2024 à 12:32
Quelque 5 500 manifestants, selon la police, et plus de 10 000 selon les syndicats, sont descendus lundi matin dans les rues de la capitale belge pour exprimer leur solidarité avec les travailleurs d'Audi Bruxelles et des sociétés auxiliaires, dont l'avenir reste incertain depuis l'annonce faite en juillet par le groupe Volkswagen, la société mère d'Audi. Le groupe allemand envisage de fermer l'usine de Bruxelles en raison de la faible demande pour l'Audi Q8 E-Tron électrique, l'unique modèle fabriqué dans cette usine.
Alors que plus de 3 000 emplois directs sont menacés, les travailleurs ont commencé leur protestation en confisquant les clés de 200 voitures neuves, qui ont déjà été restituées. Au centre des revendications : l'inclusion dans le plan social de tous les travailleurs, y compris les intérimaires et les sous-traitants, mais aussi l'application d'une « véritable politique industrielle ».
Audi Bruxelles, symbole de la désindustrialisation de l'Europe La marche de protestation, qui s'est terminée devant le Parlement européen, a réuni des délégations d'Allemagne, de Pologne, de France et des Pays-Bas qui se sont jointes à la marche pour exprimer leur solidarité avec les travailleurs d'Audi.
Les marques automobiles imputent à l’Europe la responsabilité de la crise, qui les a forcées à commercialiser des voitures électriques. L'Europe accuse désormais les marques de vendre des voitures trop chères. Cette action syndicale dépasse le cadre d'Audi. C'est aussi un signal d'alarme face aux difficultés que traverse le secteur industriel européen. Car derrière Audi Bruxelles, c'est toute l'industrie automobile qui est en danger, estiment les manifestants. Les syndicats craignent de nouvelles fermetures.
Et le cas Audi illustre la « désindustrialisation massive » en cours sur le Vieux Continent, dénoncent les syndicats. Volkswagen, la société mère d'Audi, prévoit de fermer des usines en Allemagne pour la première fois de son histoire.
« L'industrie est à nous », criaient les syndicats, appelant à une grande mobilisation pour défendre les emplois industriels. L’ensemble du secteur industriel, de l’automobile au textile en passant par la chimie, est également appelé à se mobiliser.
« Nous voulons également envoyer un signal fort aux autorités européennes, qui rendent la vie difficile à l'industrie belge, mais aussi à l'industrie européenne. L'industrie manufacturière émigre principalement hors de nos pays », a déclaré Patrick Van Belle, président du syndicat socialiste d'Audi.
Les syndicalistes pointent du doigt les politiciens. "Le problème, c'est qu'ils n'ont pas pris soin des industries européennes et les ont laissées tomber", explique Dominique Bray, déléguée générale du CNE. « Nous pensions que notre industrie allait continuer... Les Chinois nous ont surpassés. Tout le monde le sait. Il est temps d’en dire assez, une fois pour toutes. Nous allons fabriquer des produits en Europe. Nous allons reconstruire les industries en Europe. Et c’est la seule façon de garantir un emploi à tous.
Les syndicats souhaitent donc que l'urgence industrielle apparaisse à l'agenda politique, notamment européen. Et surtout, ils veulent des faits, pas des discours.
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