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Publié par Serge Grenier dans Actualités le 18/10/2024 à 18:32
En novembre prochain, commenceront les livraisons de la Renault 5 E-Tech 100 % électrique, un petit utilitaire zéro émission qui arrive chargé de nostalgie et de technologie, pour mettre fin au mantra selon lequel les voitures électriques sont ennuyeuses.
D’ailleurs, la Renault 5 E-Tech 100 % électrique ambitionne de démontrer que les voitures électriques commencent à être accessibles à presque tout le monde. Son objectif est de devenir un best-seller, comme l'était son ancêtre dans les années 70 et 80.
Je traverse les rues de Nice en voiture jaune, je passe devant des magasins comme Omega, Louis Vuitton, Yves Saint Laurent, Cartier ou Rolex et les passants qui sortent de ces boutiques me regardent sans détour. Ils ne me regardent pas, mais fixent la voiture que je conduis.
Ça ne manque pas, presque tout le monde se retourne quand je passe. Clairement, c'est moi qui suis au centre de l'attention (j'insiste, ce n’est pas moi, mais la voiture). Vous penserez peut-être que je conduis une Ferrari, Lamborghini ou McLaren comme on en voit beaucoup sur la Côte d'Azur, mais non, je conduis une petite voiture électrique qui attire tous les regards grâce à « l’effet R5 ».
Je l'ai ainsi surnommée parce qu’après avoir conduit la nouvelle Renault 5 E-Tech électrique dans cette région pendant deux jours, j'ai constaté qu'elle est un véritable « retourne-tête ». Parmi les voitures que j’ai testées ces dernières années, c’est l’une de celles qui attirent le plus l’attention des piétons, automobilistes, cyclistes et motards.
Les couleurs vives, comme le jaune et le vert, des modèles d'essai que Renault nous a fournis lors de la présentation à la presse internationale attirent forcément l'attention, mais c’est surtout le design qui fascine les gens.
Alors que je prenais des photos de la voiture dans un parking, un couple de personnes âgées s'est approché pour me poser des questions sur la R5. Ils m'ont raconté qu'ils en avaient une il y a de nombreuses années et qu'ils envisagent d'acheter la nouvelle comme seconde voiture.
Une partie du charme de cette nouvelle Renault 5 réside dans cette nostalgie. Si vous n'en avez pas possédé, vous connaissez sûrement quelqu'un qui en avait une, que ce soit un ami ou un membre de votre famille. Pour ma part, mon père possédait une Renault 5 TX de 1982, la voiture avec laquelle j’ai appris à conduire, ce qui me rend particulièrement attaché à ce modèle.
C’est ce qu’on appelle la nostalgie, et Renault sait parfaitement sur quoi elle mise. Cette nouvelle Renault 5 adopte donc un design néo-rétro qui rappelle à la fois la Renault 5 d'origine et sa deuxième génération, la Supercinq. Tout en restant dans le même esprit, elle est cependant dotée des technologies d’aujourd’hui, avec ses dimensions compactes (3,92 mètres de long) comme un véhicule utilitaire du segment B.
Mais nous sommes en 2024, en pleine transition vers l'électrification totale de l'automobile (je rappelle qu'en Europe, on ne pourra acheter que des voitures électriques neuves à partir de 2035). Renault a déjà une citadine thermique partiellement électrifiée, la Clio, et la Renault 5 sera exclusivement électrique. Elle remplace en fait la Renault ZOE, mais Renault a choisi de capitaliser sur la nostalgie pour en faire un modèle électrique à succès.
En voyant à quel point elle attire l'attention de tous, il est clair que la marque au losange a réussi le design. C'est une question subjective, bien sûr, mais on ne peut nier que cette voiture a beaucoup de personnalité et, à mon avis, c'est un bel hommage à la Renault 5 d'origine et à la Supercinq. Elle présente des éléments des deux modèles, tout en ayant une allure futuriste et plus sportive que la ZOE.
Elle offre aussi des clins d'œil à ses prédécesseurs, comme les feux disposés verticalement ou l'indicateur de charge de la batterie sur le capot, qui rappelle la prise d'air de la première Renault 5. Le logo « 5 », éclairé par cinq barres LED, chacune représentant 20 % du niveau de charge de la batterie, s’allume progressivement jusqu’à indiquer une charge complète.
Les couleurs semblent tout droit sorties des années 70. Vous pouvez choisir entre quatre teintes : jaune, vert, bleu foncé et blanc. Selon la finition, le toit peut être noir et personnalisé avec divers vinyles en option. Plusieurs modèles de jantes sont également disponibles, les plus petites mesurant 18 pouces. Lors du test, elles étaient équipées de pneus Continental EcoContact 6Q, axés sur l'efficacité.
Bien qu'il n'y ait pas de carrosserie à trois portes comme la Renault 5 des années 70 ou sa concurrente directe, la Mini Cooper E, elle est proposée uniquement en version cinq portes. Même si l’angle d’ouverture des portes arrière est assez restreint, cela reste bien plus pratique.
Toutefois, il faut comprendre que les sièges arrière conviennent davantage aux enfants ou aux adultes pour de courts trajets, car l’espace pour la tête et les jambes est limité. Avec le siège conducteur réglé à ma convenance (je mesure 1,83 mètre), il n'y a pratiquement pas de place pour les jambes à l'arrière.
Le coffre, avec ses 277 litres de capacité, est également modeste, d’autant plus que Renault inclut l’espace sous le plancher dans ce calcul. Ainsi, la capacité de chargement utile est un peu inférieure, mais bien pensée et fonctionnelle. Vous pouvez loger entre trois et quatre valises cabine, et les câbles de recharge se rangent sous le plancher.
À l’avant, il n’y a aucun problème d’espace. Le siège conducteur, réglé dans sa position la plus basse, offre beaucoup de place pour la tête, et j'apprécie de pouvoir le descendre autant pour obtenir une position de conduite confortable, avec les jambes légèrement allongées et le volant positionné assez haut.
L’écran tactile central est bien complété par quelques boutons physiques pratiques pour la climatisation, et la visibilité est bonne dans toutes les directions. L'intérieur combine habilement des éléments modernes et classiques. Les sièges rendent hommage aux versions sportives de la première Renault 5, avec des motifs pétales caractéristiques et des couleurs très seventies assorties à la peinture extérieure.
La Renault 5 est entièrement digitalisée, mais le design des sièges est un hommage aux versions sportives de la première Renault 5, comme la TX et la Turbo, avec les pétales caractéristiques et les couleurs très seventies assorties à la peinture extérieure.
Le tableau de bord et le toit rappellent également les premières versions de la Renault 5. La marque propose des composants optionnels pour personnaliser l'intérieur, comme des designs différents pour le levier de vitesses, qui se trouve derrière le volant, ou un porte-baguette.
Une étiquette cachée dans le sac au dos du siège conducteur est un autre clin d'œil à l'histoire de la Renault 5, avec la silhouette de la première R5, celle de la R5 Turbo de 1980, une Supercinq et le nouveau modèle.
La personnalité moderne de la Renault 5 se distingue par le système d'infodivertissement OpenR Link avec Google intégré. C'est l'un des meilleurs systèmes multimédias du marché, et dans cette voiture, il fonctionne très bien, tout comme dans ses modèles haut de gamme. De plus, il intègre un avatar appelé Reno, qui répond à la commande « Bonjour, Reno » pour fonctionner comme un assistant virtuel.
Le multimédia avec Google intégré ne sera cependant pas disponible dans la version de base de la Renault 5, qui arrivera en 2025 avec un prix de départ de 25 900 euros, mais elle disposera d'Apple CarPlay et d'Android Auto sans fil. Pour les autres versions, le système OpenR Link sera de série.
Actuellement, la seule variante disponible est la plus puissante des trois que proposera la Renault 5. La version de base, appelée « Cinq », disposera de 95 chevaux et d'une batterie de 40 kWh. Ensuite, il y aura une Renault 5 E-Tech avec la même batterie de 40 kWh et 122 chevaux. La version actuellement disponible est la Renault 5 E-Tech de 150 chevaux avec une batterie de 52 kWh. C'est cette version que j'ai pu tester lors d'un premier contact.
Cette variante est disponible avec deux niveaux d'équipement : Techno et Iconic Cinq. Cette dernière est la plus complète et c'est celle qui a été analysée ici. Avec la batterie lithium-ion de 52 kWh, elle offre une autonomie de 409 km en cycle combiné WLTP et peut être rechargée à une puissance maximale de 11 kW en courant alternatif et de 100 kW en courant continu.
Lors du test, la consommation moyenne obtenue avec cette version était de 15,3 kWh/100 km, très proche des 15,1 kWh/100 km homologués, même si une conduite plus sportive a légèrement augmenté la moyenne. En tout cas, c’est une bonne consommation qui permettrait théoriquement de parcourir 340 kilomètres réels avec une seule charge.
Certains diront que cela semble insuffisant, mais il s'agit d'une voiture à vocation urbaine, donc 340 km en cycle combiné sont largement suffisants pour de nombreux trajets en ville et sur routes interurbaines.
En moyenne, les conducteurs européens parcourent environ 41 km par jour, donc faites le calcul. Si vous effectuez un long trajet de temps à autre, avec la possibilité de recharger la batterie à 100 kW, cela reste tout à fait viable. Si vous voyagez souvent, cette voiture n'est peut-être pas la meilleure option (ni aucun véhicule utilitaire, qu'il soit électrique ou thermique).
En comparaison avec ses rivales, cette Renault équipée d'une batterie de 52 kWh s'en sort bien en termes d'autonomie : la Mini Cooper E de 184 chevaux offre 305 km, et la Fiat 500e de 118 chevaux atteint jusqu'à 330 km d'autonomie.
En partie, la Renault 5 parvient à offrir une autonomie plus importante en raison de son poids. Renault a réussi à concevoir une Renault 5 puissante, dotée de la plus grande batterie et bien équipée, qui pèse 1 449 kg.
Bien que cela ne fasse pas d'elle une voiture légère, c’est un bon chiffre pour ce segment. À titre de comparaison, la Mini Cooper E de 184 chevaux pèse 1 615 kg avec une batterie de 40,7 kWh et mesure presque 10 cm de moins en longueur, tandis que la Fiat 500e de 118 chevaux pèse 1 440 kg avec une batterie de 42 kWh et mesure 30 cm de moins en longueur.
Le poids reste l'un des principaux défis des voitures électriques, mais Renault a réussi à faire des progrès importants.
Dans la Renault 5, cela se voit dans la consommation, qui pourrait être encore plus faible avec le mode de conduite ECO activé et une conduite plus souple. À son volant, on remarque également qu'elle est relativement légère (selon les standards des voitures électriques) et que ses 150 chevaux la rendent assez agile (elle accélère de 0 à 100 km/h en 8 secondes, ce qui est tout à fait respectable).
Cependant, ce qui distingue la Renault 5 des autres voitures électriques, c'est son caractère ludique. Il est rare de prendre plaisir à conduire une voiture électrique, mais avec la Renault 5, j'ai vraiment apprécié les routes de montagne de la Côte d'Azur.
Renault a fait un excellent travail sur les réglages : la suspension est assez ferme, mais elle reste confortable sur les routes dégradées ou les dos d'âne urbains. La direction est incroyablement précise, surtout en mode Sport, même si elle manque de retour d'information. De plus, les pneus Continental EcoContact6Q n'aident pas beaucoup à transmettre les sensations. Les freins, eux, ont une très bonne réactivité et fonctionnent parfaitement. L'empattement de seulement 2,54 mètres contribue également au bon comportement dynamique de la Renault 5.
Lorsque l’on crée une voiture aussi empreinte de nostalgie et de personnalité, il est essentiel qu'elle ait également une dynamique de conduite bien marquée. C'est quelque chose de difficile à obtenir avec une voiture électrique, mais Renault y est parvenu avec la Renault 5. Le châssis pourrait même gérer plus de puissance que les 150 chevaux actuels, mais c’est un sujet réservé à la future Alpine A290, qui sera plus puissante et plus coûteuse.
La Renault 5 offre un bon équilibre à tous les niveaux : elle n'a pas une puissance excessive, elle est facile à conduire et agréable, tout en étant très efficace.
La seule chose qui manque est la possibilité de choisir entre plusieurs niveaux d'intensité de freinage régénératif, car il n'y a que deux modes : le mode D standard et un mode B plus intense, mais qui ne permet pas une conduite à une seule pédale. Renault a assuré que cette option serait disponible plus tard, et j'imagine que les unités actuellement vendues pourront être mises à jour via OTA (Over The Air), mais cela reste à confirmer.
Un problème persiste cependant, et il surpasse même le design et la nostalgie : le prix. Comme pour beaucoup de voitures électriques, elle reste coûteuse. La Renault 5 la moins chère sera commercialisée à partir de 25 900 euros en France. À ce prix, il faut ajouter l'aide du bonus écologique, qui peut aller jusqu'à 5 000 euros pour les particuliers, ce qui ramènerait le prix de départ de ce modèle à 20 900 euros.
Avec les prix actuels du marché, c'est une somme intéressante que de nombreuses personnes peuvent envisager. Par exemple, une Renault Clio de base avec un moteur essence de 90 chevaux démarre à 18 500 euros. La question est de savoir si la version de base de la Renault 5 en vaut la peine, ou s'il vaut mieux étirer un peu son budget pour bénéficier de plus d'équipements, de puissance et d'autonomie.
Pour le savoir, il faudra attendre de pouvoir tester la Renault 5 Cinq qui arrivera en 2025. Pour l'instant, nous parlons du modèle de 150 chevaux, qui démarre à 32 900 euros sans les bonus écologiques ou les remises. À ce tarif, ce n'est plus une voiture aussi accessible.
Certes, avec le bonus écologique, elle pourrait coûter 27 900 euros, mais cela reste un prix élevé pour une voiture électrique. Le modèle Iconic Cinq testé, qui est le plus attrayant de la gamme, est un peu plus cher puisqu'il commence à 34 900 euros.
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