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Publié par L'équipe dans Actualités le 24/09/2024 à 16:32
L’administration Biden a proposé une mesure forte qui pourrait changer radicalement les perspectives du marché automobile américain : interdire la vente de toutes les voitures utilisant des logiciels ou du matériel chinois connectés à Internet.
Sous prétexte de sécurité nationale, cette proposition s’inscrit dans la lignée de l’interdiction des équipements Huawei et de la tentative de blocage de TikTok, visant à protéger les infrastructures critiques du pays contre de potentielles cyber-vulnérabilités issues de la technologie chinoise. Cependant, avant de finaliser le règlement, une période de 30 jours sera ouverte pour soumettre d’éventuelles objections.
Cette proposition représente une escalade significative des restrictions que les États-Unis imposent aux véhicules, logiciels et composants chinois. En effet, la semaine dernière, l’administration Biden a également annoncé d'importantes augmentations des droits de douane sur les importations chinoises, y compris une taxe de 100 % sur les véhicules électriques, ainsi que de nouvelles hausses sur les batteries de véhicules électriques et certains minéraux clés.
L’objectif principal de cette nouvelle proposition, qui deviendra probablement une réglementation avant le départ du président Biden le 20 janvier, quel que soit le prochain président élu, est d’empêcher que les logiciels automobiles d’origine chinoise ne soient utilisés comme porte d’entrée pour des activités d’espionnage ou de sabotage, une inquiétude croissante à Washington.
En ce sens, le conseiller à la sécurité nationale de Biden, Jake Sullivan, déclare que « beaucoup de ces technologies collectent une quantité massive d’informations sur les conducteurs ». Selon lui, à mesure que les véhicules deviennent de plus en plus dépendants de la technologie et de la connectivité, « ils deviennent des cibles potentielles pour des cyberattaques susceptibles de compromettre les données sensibles des utilisateurs ou, dans un scénario extrême, de paralyser les infrastructures critiques en temps de crise ».
La règle proposée intervient après que Biden a ordonné en février au département du Commerce d’ouvrir une enquête sur la menace posée par la technologie intégrée aux véhicules chinois. Si elle est adoptée, elle stipule qu’« à partir de 2027, les logiciels chinois seront interdits dans les véhicules connectés, tandis que le matériel sera interdit à partir de 2030. »
Cette mesure ne concerne pas seulement les véhicules importés directement de Chine, mais aussi ceux qui, bien que produits par des constructeurs occidentaux, contiennent des logiciels ou des composants d’origine chinoise.
Ainsi, les tensions entre les États-Unis et la Chine se sont intensifiées dans divers secteurs. Après avoir imposé des droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois, le gouvernement Biden cherche désormais à bloquer toute possibilité pour ces voitures, ou leur technologie, de prendre pied sur le marché américain.
Mais les droits de douane ne suffisent pas : même si le nombre de véhicules chinois sur les routes américaines reste modeste pour l’instant, cette proposition crée un précédent qui pourrait s’étendre à d’autres secteurs.
L’administration Biden suit une stratégie déjà appliquée dans d’autres secteurs technologiques. L'interdiction de Huawei dans le secteur des télécommunications et la tentative de forcer TikTok à rompre ses liens avec ses propriétaires chinois sont des exemples de la manière dont les États-Unis utilisent des réglementations « fondées sur la sécurité nationale » pour freiner l’influence chinoise sur leur marché intérieur.
Dans les deux cas, il a été affirmé que la technologie pourrait être utilisée pour collecter des informations sensibles et menacer les infrastructures du pays, un argument qui est désormais appliqué à l’industrie automobile. Le cas de Huawei est particulièrement révélateur : en 2019, les États-Unis ont interdit la vente de leurs équipements de télécommunications en invoquant des risques d’espionnage.
Bien que cette mesure ait généré des tensions diplomatiques et commerciales, elle a réussi à freiner l’expansion de l’entreprise sur le marché américain. Aujourd’hui, cette même logique s’applique au secteur automobile : il s’agit d’empêcher que la technologie chinoise devienne « une menace pour la sécurité nationale en temps de crise », comme lors d'une éventuelle confrontation militaire.
Si cette proposition est mise en œuvre, elle aura de profondes implications tant pour les constructeurs chinois que pour l’industrie automobile américaine. Des marques comme BYD, qui avaient montré un intérêt pour pénétrer le marché nord-américain, se heurteront à un obstacle presque infranchissable. Même les entreprises qui cherchent des alternatives, comme produire des véhicules au Mexique pour profiter de l’accord commercial USMCA, verront leurs options limitées.
Pour les constructeurs américains, le défi sera d’ajuster leurs chaînes d’approvisionnement, qui dépendent largement des composants chinois, notamment dans des secteurs clés comme les batteries pour véhicules électriques et les systèmes avancés de conduite autonome.
John Bozzella, président de l’Alliance pour l'innovation automobile, avertit que « cette règle obligera les constructeurs à trouver de nouveaux fournisseurs, ce qui ne pourra se faire du jour au lendemain ». Le défi logistique et économique est considérable et pourrait ralentir le développement et l’adoption de nouvelles technologies dans le secteur.
De plus, cette décision marque une nouvelle étape dans le « rideau de fer numérique » qui se dresse entre les deux plus grandes économies du monde. Cette rivalité technologique et économique croissante affecte non seulement les entreprises chinoises, mais pourrait aussi avoir des répercussions sur les consommateurs américains, qui pourraient voir leur accès aux technologies avancées et aux véhicules abordables réduit.
L’interdiction des logiciels chinois dans les voitures électriques reflète une intensification de la guerre commerciale et technologique entre les États-Unis et la Chine. Alors que l’administration Biden cherche à protéger les infrastructures critiques du pays, l’industrie automobile américaine, comme celle européenne, fait face à un avenir incertain, dans lequel elle devra s’adapter rapidement sous peine d’être distancée dans la course technologique mondiale.
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