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Publié par L'équipe dans Actualités le 07/10/2024 à 08:32
C'est désormais officiel : comme prévu, les pays de l'UE ont approuvé des droits de douane définitifs sur les voitures électriques importées de Chine. Ces tarifs sont similaires aux taux provisoires appliqués depuis juillet, avec un taux maximal de 45,3 %.
La proposition protectionniste a obtenu un soutien suffisant des États membres, à l'exception notable de l'Allemagne, la plus grande puissance économique européenne et principal producteur automobile. L'Espagne s'est abstenue.
Avec 10 voix pour, cinq contre et 12 abstentions, les droits de douane sur les véhicules électriques chinois ont été validés. La Commission européenne précise que la proposition "a obtenu le soutien nécessaire de la part des États membres de l'UE".
Pour être rejetée, une majorité qualifiée de 15 pays représentant 65 % de la population de l'UE aurait dû voter contre. La France, la Grèce, l'Italie et la Pologne, qui représentent ensemble 39 % de la population, ont voté en faveur de ces droits d'importation, selon des sources consultées par Reuters. Le seuil nécessaire pour bloquer la mesure a été relevé afin de garantir son adoption.
Bien qu'avec certaines nuances, l'UE précise que "en parallèle, des négociations intensives avec la Chine se poursuivent pour explorer une solution alternative". Cela signifie que des discussions continueront avec la République populaire pour éviter une potentielle guerre commerciale, que la Chine a menacé de déclencher si ces droits de douane étaient finalement imposés.
Une solution envisagée serait de faciliter l'implantation d'usines de constructeurs chinois en Europe. Chery ou BYD sont déjà en train de le faire.
Voitures électriques MG : le tarif maximal appliqué. Les nouveaux droits de douane entreront en vigueur dès la publication d'un règlement d'exécution de la Commission au Journal officiel. Cette publication est prévue au plus tard pour le 30 octobre 2024.
Autrement dit, à partir de novembre, les nouveaux taux, déterminés selon le constructeur ou le groupe automobile, commenceront à s'appliquer (en plus des 10 % qui étaient déjà en vigueur avant l'ajout des taux provisoires).
Tarifs définitifs de l'UE :
En revanche, un taux de 20,7 % (30,7 %) sera appliqué aux marques que l'UE considère comme ayant coopéré à l'enquête. Ce groupe inclut Leapmotor (partenaire de Stellantis, fabricant en Europe) ou Xpeng, ainsi que des filiales de BMW ou Volkswagen produisant certains modèles en Chine.
Le reste des entreprises se verra imposer le taux maximal, finalement fixé à 35,3 % (45,3 %), légèrement inférieur aux taux provisoires. Ce taux s'applique également à SAIC, propriétaire de MG, une des entreprises ayant une grande pénétration en Europe, y compris pour les véhicules non exclusivement électriques.
Cette mesure vise à protéger l'industrie automobile européenne face à la concurrence chinoise. Bruxelles estime que les voitures chinoises sont vendues à des prix artificiellement bas grâce aux subventions de l'État chinois. Avec les nouveaux tarifs douaniers à 100 % appliqués par l'Amérique du Nord, l'Europe devient le principal marché cible de la Chine.
La grande question est de savoir comment ces tarifs affecteront les consommateurs, car ils pourraient entraîner une hausse des prix des voitures électriques si les constructeurs décident de répercuter ces coûts sur les modèles vendus ici. En tout cas, seuls les véhicules entièrement électriques sont concernés, les hybrides restent disponibles.
"Un signal désastreux pour l'industrie automobile européenne" L'Allemagne a été l'un des rares pays à voter contre cette imposition, qui n'a pas non plus l'approbation des constructeurs allemands. Les fabricants allemands, tels que Mercedes ou Porsche, sont parmi les plus affectés par ces tarifs en raison de leurs usines en Chine et de leurs exportations vers ce marché, générant des bénéfices importants.
Selon Reuters, Oliver Zipse, PDG de BMW, a qualifié ce vote de "signal désastreux pour l'industrie automobile européenne" et a exhorté l'Europe à parvenir rapidement à un accord avec Pékin pour éviter une guerre commerciale. Volkswagen avait déjà souligné que ces tarifs représentaient "une mauvaise approche".
En revanche, Pékin a déjà annoncé des représailles potentielles qui affecteraient directement les marques allemandes. La Chine envisage d'augmenter les droits de douane à 25 % sur les voitures à essence de grosse cylindrée importées d'Europe, un marché largement dominé par les entreprises allemandes haut de gamme. Ce taux est actuellement de 15 %.
Un autre pays ayant voté contre est la Hongrie : Viktor Orban a évoqué une "guerre froide économique" avec la Chine.
L'Espagne s'est abstenue, mais est plus proche du non. Bien que l'Espagne n'ait pas voté contre, elle a exprimé son opposition à ces nouveaux tarifs et a demandé à l'Europe de poursuivre les négociations avec la Chine pour éviter une "confrontation à grande échelle".
En septembre, Pedro Sánchez a souligné que la mesure devait être reconsidérée et que "des ponts de dialogue devaient être construits entre l'Union européenne et la Chine" pour prévenir une guerre commerciale. "Depuis l'Espagne, nous serons constructifs et chercherons un compromis entre la Chine et la Commission européenne", a-t-il déclaré.
La France pourrait être touchée par d'éventuelles représailles. L'Espagne est l'un des pays les plus susceptibles de souffrir de représailles de la Chine, qui a ouvert une enquête antidumping sur les importations de viande. L'Espagne est le principal exportateur de viande de porc vers la Chine, avec une part de marché de 21 %. En 2023, la Chine a importé 560 488 tonnes de viande de porc en provenance d’Espagne, d’une valeur de plus de 1 223 millions d’euros.
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